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Valence a longtemps vécu dans l’ombre de Barcelone et de Madrid, et c’est tant mieux pour ceux qui y vont. La ville est assez petite pour se traverser à pied, il y a la mer à vingt minutes du centre, et on y mange la paella là où elle est née.
Trois jours suffisent pour en avoir une vraie idée sans passer son séjour à cocher des cases. Voici comment on les organiserait.
Commencez par le Mercado Central, le matin, quand les étals sont pleins et que les Valenciens font encore leurs courses. Le bâtiment vaut le détour à lui seul, avec ses coupoles et ses céramiques. Attention, il est fermé le dimanche.
Juste en face, la Lonja de la Seda, l’ancienne bourse de la soie, est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. La salle aux colonnes torsadées, qui montent jusqu’à la voûte comme des palmiers de pierre, mérite à elle seule la visite. L’entrée coûte 2 €, et elle est gratuite le dimanche et les jours fériés.
Remontez ensuite vers la cathédrale. La vraie récompense, c’est le Micalet, son clocher : 207 marches en colimaçon, assez étroites pour qu’on se dise pardon à chaque croisement, puis toute la ville à 360 degrés. La place de la Vierge, juste à côté, est l’endroit idéal pour souffler.
Pour la pause de l’après-midi, une horchata, cette boisson froide à base de souchet, avec un fartón à tremper dedans. L’Horchatería Santa Catalina, près de la Plaza Redonda, en sert depuis deux siècles.
Finissez la journée dans le Barrio del Carmen, le quartier le plus ancien, ses ruelles couvertes de street art et ses petits bars. Montez aux Torres de Serranos avant le coucher du soleil, l’ancienne porte de la ville domine le lit du Turia.
Après une inondation meurtrière en 1957, Valence a détourné son fleuve. L’ancien lit est devenu un parc de près de 9 kilomètres qui traverse la ville d’ouest en est : pelouses, terrains de sport, orangers, pistes cyclables. Louez un vélo et descendez-le sans vous presser.
Au bout, la Cité des arts et des sciences de Santiago Calatrava. Les bâtiments blancs posés sur des bassins turquoise sont spectaculaires, et c’est d’abord de l’extérieur qu’ils impressionnent. Notre avis : si vous voyagez sans enfants, la balade autour suffit largement. L’Oceanogràfic, le plus grand aquarium d’Europe, vaut en revanche la journée si vous avez des petits avec vous.
Le soir, direction Ruzafa, à quinze minutes à pied. C’est le quartier où sortent les Valenciens de trente ans : cafés, librairies, petites cantines, et des terrasses pleines jusque tard.
Gardez le meilleur pour la fin. À une vingtaine de kilomètres au sud, le parc naturel de l’Albufera entoure une grande lagune d’eau douce bordée de rizières. C’est là qu’est née la paella.
Les bus EMT 24 et 25 partent du centre et rejoignent El Palmar, le village de pêcheurs au bord de l’eau, en une demi-heure environ. Sur place, des barques traditionnelles proposent des tours de la lagune. Comptez autour de 25 € pour une barque privée, à partager à plusieurs.
Puis la paella, évidemment. La vraie paella valenciana se fait avec du poulet, du lapin et des haricots plats, pas de fruits de mer. Les Valenciens la mangent à midi, jamais le soir : si un restaurant du centre vous en propose une à 21 heures, méfiez-vous.
De retour en ville, finissez au Cabanyal, l’ancien quartier des pêcheurs, avec ses maisons basses aux façades couvertes d’azulejos. La plage de la Malvarrosa commence au bout de la rue. Pour l’apéritif, Casa Montaña, une bodega ouverte en 1836, sert un vermouth et des anchois qu’on n’oublie pas facilement.
Depuis l’aéroport : les lignes de métro 3 et 5 relient l’aéroport au centre (station Xàtiva) en 25 minutes environ. La station est dans le terminal.
Se déplacer : le centre historique se fait entièrement à pied. Pour le reste, la Valencia Tourist Card (24, 48 ou 72 heures) couvre le métro, les bus, y compris celui de l’Albufera, et donne l’entrée gratuite à la Lonja.
Quand partir : le printemps et l’automne sont les meilleures saisons. Mi-mars, c’est les Fallas : la ville entière brûle des statues géantes au milieu des pétards. Un spectacle unique, mais si vous cherchez le calme, choisissez une autre semaine.
Valence fait partie des villes qu’on aime glisser dans nos voyages surprise : facile d’accès, ensoleillée une bonne partie de l’année, et assez riche pour plaire aussi bien aux couples qu’aux amis. Vous ne saurez peut-être pas que vous y allez avant d’ouvrir la carte postale.
Oui, pour le centre historique, le Turia, la Cité des arts et une matinée à l’Albufera. Avec un quatrième jour, ajoutez une vraie journée plage ou une excursion à Xàtiva.
En métro, lignes 3 ou 5, jusqu’à la station Xàtiva. Le trajet dure environ 25 minutes. Ces informations seront dans votre guide de voyage … si c’est votre destination surprise
À El Palmar, dans le parc de l’Albufera, à une demi-heure de bus du centre. Et plutôt à midi : les Valenciens ne la mangent pas le soir.
Au printemps et à l’automne. Évitez la mi-mars si vous voulez du calme, c’est la période des Fallas.